Passé simple et imparfait en sixième : la morphologie est derrière, les valeurs commencent
C'est le malentendu le plus coûteux de l'année : passé simple et imparfait ont été étudiés au CM1 et au CM2, et le programme de sixième demande de connaître les marques des temps étudiés à ces niveaux — pas de les découvrir. Ce que la sixième ajoute, c'est l'initiation aux valeurs des temps, du discours puis du récit.
CE QUE LE PROGRAMME DEMANDE
- Approfondir sa maîtrise de la conjugaison : consolider les temps composés (passé composé, plus-que-parfait) et leur composition en deux parties ; mémoriser l'impératif présent et le conditionnel présent de être et avoir, des verbes des 1er et 2e groupes et de huit irréguliers du 3e (faire, aller, dire, venir, pouvoir, voir, vouloir, prendre) ; maîtriser l'accord du participe passé employé avec être, et avec le COD antéposé pour les verbes conjugués avec avoir ; connaître les marques des temps étudiés au CM1 et au CM2 et celles du conditionnel et de l'impératif présent ; maîtriser les variations du radical de certains verbes du 1er groupe ; s'initier à la notion de valeurs des temps, du discours puis du récit.
Extrait du programme de français en 6ème — voir le programme complet et son calendrier.
Ce que ce niveau ajoute
L'entrée par les valeurs, pas par les tableaux
Le programme demande de s'initier à la notion de valeurs des temps. Concrètement : pourquoi « la nuit tombait » et « il ouvrit la porte » dans la même phrase, et ce que le choix change pour le lecteur. Un chapitre qui se résume à conjuguer six personnes de trois verbes reste en deçà du programme, même parfaitement réussi.
Ce qui, lui, est vraiment neuf en sixième
Le même point du programme apporte des nouveautés réelles, et elles sont ailleurs : consolidation des temps composés, impératif et conditionnel présent de huit irréguliers, et surtout l'accord du participe passé avec le COD antéposé. Ranger ces heures-là dans le chapitre « passé simple / imparfait » revient à les perdre.
Les pièges de mise en œuvre
Ces points ne figurent pas comme tels dans le texte officiel : ce sont les écarts qu'on observe le plus souvent entre ce que le programme borne et ce que l'on trouve dans les exercices en circulation.
Un exercice de reconnaissance n'évalue pas les valeurs
« Indique pour chaque verbe souligné s'il est à l'imparfait ou au passé simple » se réussit à la terminaison, sans rien comprendre à l'emploi. C'est un bon exercice d'entrée et un mauvais exercice d'évaluation finale : pour toucher la valeur, il faut demander une justification (description ou action terminée), ou faire corriger un texte où le temps est morphologiquement correct mais narrativement faux.
Le texte à corriger doit contenir des formes JUSTES
Un passage où tout est faux se corrige à l'aveugle. L'exercice ne devient discriminant que s'il mêle des formes correctes à ne pas toucher : l'élève doit alors décider, et le professeur voit qui sur-corrige. C'est aussi le piège dans lequel un modèle tombe volontiers — nous le vérifions désormais à la relecture.
Les irréguliers du passé simple ne se devinent pas
Être, avoir, vouloir, venir, prendre : le radical du passé simple n'a souvent plus rien à voir avec l'infinitif, et les accents circonflexes de « nous » et « vous » sont le point de chute le plus fréquent. Si le chapitre demande ces formes, elles doivent avoir été mémorisées — sinon l'exercice mesure la mémoire du cours précédent, pas la compétence visée.
Trois niveaux sur la même notion
Différencier ne veut pas dire donner moins à faire. Sur « Employer l'imparfait et le passé simple dans un récit », voici ce que change le niveau — même notion, même séance, trois degrés d'étayage.
Deux questions à choix pour poser la règle, puis un tableau de quatre verbes à étiqueter IMP ou PS, avec une aide qui reformule la question à se poser. Les terminaisons sont demandées séparément, verbe par verbe.
Le même travail sans aides, plus un texte à compléter où le temps se choisit ET se justifie, et un passage de quatre lignes contenant deux erreurs de temps à repérer parmi des formes correctes.
Relevé complet des verbes conjugués d'un texte avec temps, personne et infinitif ; réécriture d'un passage contenant quatre erreurs, en annotant en marge le temps retenu ; puis production d'un récit imposant au moins quatre imparfaits et quatre passés simples, avec un code typographique pour les distinguer.
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