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Programme de français en 6e

La sixième n'est pas la première année du collège en français : c'est la dernière année du cycle 3, celle qui partage son programme avec le CM1 et le CM2. Beaucoup de ce qui s'y joue dépend donc de ce qui a été fait avant l'arrivée au collège, et le programme est chiffré là où on l'attend le moins.

TEXTE EN VIGUEUR

Programme de cycle 3 publié au Bulletin officiel n°16 du 17 avril 2025, appliqué en classe de sixième depuis la rentrée 2025 (et en CM1 la même année, en CM2 en 2026).

Lire le texte officiel sur education.gouv.fr

À venir — La refonte du cycle 4 publiée au BO n°10 de 2026 ne concerne pas la sixième, qui relève du cycle 3 : elle s'applique en cinquième cette année, puis en quatrième et en troisième. Le programme de français de sixième est donc stable.

Ce qui change à ce niveau

La fluence devient un objectif chiffré

Le programme fixe une cible explicite : environ 130 mots par minute en lecture. C'est une des rares exigences de français exprimées par un nombre, et elle change la façon de suivre les élèves — un professeur peut mesurer, constater un écart et agir, là où « lire couramment » n'engageait rien. Le chiffre vise la lecture silencieuse comme la lecture à voix haute.

Le nombre d'œuvres à lire est prescrit, pas suggéré

Trois œuvres du patrimoine étudiées en lecture intégrale, plus trois œuvres complètes en lecture cursive : six livres dans l'année, et la répartition n'est pas laissée à l'appréciation. Cette contrainte pèse sur toute la programmation annuelle, parce qu'une œuvre intégrale mobilise plusieurs semaines et qu'il faut aussi loger la langue, l'écriture et l'oral.

L'oral est un objet d'enseignement, pas un moyen

Écouter pour comprendre, dire pour être compris, participer à des échanges : le programme distingue trois compétences orales et les évalue pour elles-mêmes. Reformuler un message entendu, lire devant un public, ajuster son propos à ce qui vient d'être dit sont des attendus explicites, et non des sous-produits d'activités de lecture ou d'écriture.

Les pièges de mise en œuvre

Ces points ne figurent pas comme tels dans le texte officiel : ce sont les écarts qu'on observe le plus souvent entre ce que le programme borne et ce que l'on trouve dans les exercices en circulation.

Traiter la sixième comme un recommencement

C'est l'erreur la plus coûteuse, et elle vient d'une bonne intention : reprendre les bases parce que les élèves arrivent d'écoles différentes. Or la sixième referme un cycle commencé en CM1, et une bonne partie du programme a déjà été rencontrée. Repartir de zéro fait perdre un trimestre et installe chez les élèves l'idée que le collège répète l'école.

Confondre lecture intégrale et lecture cursive

Le programme demande les deux, et elles n'ont pas la même fonction : l'une s'étudie en classe avec un appareil d'analyse, l'autre se lit en autonomie pour construire un volume de lecture. Transformer les trois œuvres cursives en trois études détaillées double la charge et fait sauter le reste de la programmation ; l'inverse prive les élèves du travail d'analyse attendu.

Mesurer la fluence sans en faire une note

L'objectif de 130 mots par minute est un repère de progression, pas un barème. Chronométrer devant la classe, ou convertir la vitesse en note, transforme un outil de diagnostic en source d'angoisse pour précisément les élèves qu'il devait aider. La mesure a du sens en individuel, répétée dans l'année, et comparée à l'élève lui-même.

Les compétences du programme

Reprises du programme officiel pour français en 6ème. C'est cette liste que le générateur utilise comme socle.

  • LANGAGE ORAL
  • Écouter pour comprendre : construire sa posture d'auditeur par une écoute active orientée en fonction du but ; comprendre un message oral d'un tiers ou d'un média (interview, reportage) ; montrer sa compréhension en reformulant avec ses mots les informations explicites et implicites d'un texte entendu ; identifier les caractéristiques des genres de discours ; exprimer son ressenti à l'écoute d'un texte.
  • Dire pour être compris dans toutes les disciplines : réaliser une production orale, individuelle ou collective, claire et organisée pour raconter, expliquer, argumenter, justifier ou partager des connaissances ; lire devant un public, de manière claire et expressive, un texte littéraire ou documentaire ; utiliser l'oral comme outil réflexif.
  • Participer à des échanges verbaux : respecter les codes de la communication ; construire et ajuster son propos pour présenter de façon claire et ordonnée explications, informations, point de vue ou réponse à une question ; adapter son discours à la situation ; porter un regard critique sur l'oral produit ; intervenir en tenant compte de ce qui a été dit par autrui.
  • LECTURE
  • Lire avec fluidité : poursuivre l'entraînement à la lecture silencieuse et à voix haute en renforçant un phrasé et une prosodie adaptés au texte ; prendre en compte les groupes syntaxiques, les marques de ponctuation et les liaisons ; cibler 130 mots par minute en moyenne.
  • Lire à voix haute avec expressivité : lire un texte de 10 à 20 lignes avec aisance et expressivité en regardant l'auditoire ; poursuivre le travail de mise en voix ; rendre compte des émotions et des sentiments des personnages et des intentions de l'auteur ; rendre l'intonation, le rythme et la caractérisation des personnages dans le dialogue de récit.
  • Lire et comprendre seul : dégager le sens global d'un texte et affiner sa compréhension pour devenir un lecteur autonome ; dégager les principales caractéristiques d'un texte et le rattacher à un genre ; repérer une information plus ou moins saillante et effectuer des inférences sur de larges extraits ; repérer les informations explicites et implicites, les liens logiques et les reprises nominales ; justifier ses interprétations en prenant appui sur le texte ou sur ses connaissances.
  • Lire pour apprendre dans toutes les disciplines : identifier la nature et la source des documents ; rencontrer des textes, œuvres et documents variés (image, tableau, schéma, article de presse) ; comparer des documents de genres différents ; mettre en relation des informations dans des documents composites ; prendre appui sur les éléments essentiels d'une image fixe et les interpréter.
  • Lire une œuvre et se l'approprier : lire et étudier en classe trois œuvres du patrimoine en lecture intégrale et trois œuvres complètes en lecture cursive ; développer sa culture littéraire et artistique ; mettre le texte en relation avec d'autres références (expérience vécue, connaissances culturelles, enjeux contemporains) ; fonder sa compréhension fine sur des éléments précis et engager son interprétation ; partager ses impressions de lecture et en débattre.
  • ÉCRITURE
  • Écrire à la main de manière fluide et efficace : copier des textes de façon lisible, régulière, soignée et sans erreur d'orthographe ou de ponctuation ; produire des textes en veillant à leur lisibilité et à leur mise en forme.
  • Écrire pour réfléchir, apprendre et mémoriser : écrire pour résumer ou synthétiser ; produire des écrits réflexifs courts pour argumenter et justifier ses choix ; s'approprier individuellement l'essentiel d'une leçon ; hiérarchiser des idées ; produire des écrits courts pour appliquer une règle de grammaire ou mémoriser le lexique appris.
  • Produire des écrits variés : découvrir et expérimenter des situations variées d'écriture (résumer, synthétiser) ; écrire très fréquemment des textes personnels — donner un avis justifié, produire un écrit narratif, expliquer une démarche ; utiliser le brouillon ; respecter les codes de l'écrit et veiller à la cohérence textuelle ; améliorer tout ou partie de son texte à partir de son autoévaluation et des pistes du professeur et des pairs ; prendre en compte les normes de l'écrit pour réviser.
  • VOCABULAIRE
  • Enrichir son vocabulaire dans toutes les disciplines : développer un vocabulaire spécifique dans différents univers de référence ; choisir de manière autonome les stratégies les plus efficaces pour comprendre un mot inconnu, en déduisant, vérifiant ou recherchant son sens.
  • Établir des relations entre les mots : composer et décomposer des mots pour les analyser et en créer de nouveaux à partir des relations morphologiques et sémantiques ; différencier mots simples, dérivés et composés ; donner des synonymes et des antonymes respectant la classe grammaticale du mot cible ; se sensibiliser à l'étymologie et à l'évolution du sens des mots.
  • Réemployer le vocabulaire et mémoriser l'orthographe : utiliser à bon escient, à l'oral comme à l'écrit, le vocabulaire spécifique des différents univers de référence en respectant le registre de langue ; employer les mots polysémiques dans différents contextes disciplinaires ; écrire correctement les mots fréquents en situation autonome.
  • GRAMMAIRE ET ORTHOGRAPHE
  • Analyser une phrase simple : consolider les compétences antérieures sur des phrases qui se complexifient ; identifier tous les constituants syntaxiques déjà étudiés ; opposer et distinguer attribut du sujet et complément d'objet direct ; utiliser les manipulations syntaxiques et l'étude de la construction du verbe pour reconnaître les constituants.
  • Nature des mots et groupe nominal : identifier aisément les pronoms personnels et préciser leur fonction, mettre un pronom en relation avec son antécédent ; identifier le groupe nominal quelle que soit sa fonction ; différencier sans ambigüité l'adjectif ou groupe adjectival épithète et le groupe nominal prépositionnel complément du nom.
  • Se repérer dans la phrase complexe : comprendre la notion de proposition et distinguer phrase simple et phrase complexe à partir du repérage des propositions ; repérer les modes d'articulation des propositions ; approfondir juxtaposition, coordination et subordination ; distinguer le rôle de la conjonction de coordination et celui de la conjonction de subordination.
  • Acquérir l'orthographe grammaticale : améliorer son orthographe grammaticale en production d'écrits et en exercices ; maîtriser la chaîne d'accords dans le groupe nominal, en lien avec l'analyse grammaticale ; identifier le groupe sujet et raisonner sur l'accord sujet-verbe.
  • Approfondir sa maîtrise de la conjugaison : consolider les temps composés (passé composé, plus-que-parfait) et leur composition en deux parties ; mémoriser l'impératif présent et le conditionnel présent de être et avoir, des verbes des 1er et 2e groupes et de huit irréguliers du 3e (faire, aller, dire, venir, pouvoir, voir, vouloir, prendre) ; maîtriser l'accord du participe passé employé avec être, et avec le COD antéposé pour les verbes conjugués avec avoir ; connaître les marques des temps étudiés au CM1 et au CM2 et celles du conditionnel et de l'impératif présent ; maîtriser les variations du radical de certains verbes du 1er groupe ; s'initier à la notion de valeurs des temps, du discours puis du récit.

Ce qui n'est pas au programme

Le programme borne aussi par le haut. Les notions ci-dessous relèvent d'un niveau ultérieur : les traiter en 6èmen'avance pas les élèves, ça les met en difficulté sur des acquis qu'ils n'ont pas encore.

  • Analyse fine de la phrase complexe : pronom relatif et subordonnée relative, forme passive, hiérarchie des propositions (5e) ; subordonnée conjonctive vs relative, interrogative indirecte, forme impersonnelle (4e) ; subordonnées infinitives et participiales, attribut du COD, fonction grammaticale des subordonnées (3e).
  • Participe passé employé avec avoir : accord avec COD postposé (5e) ; cas complexes et accord avec un pronom relatif (4e/3e).
  • Paroles rapportées : discours direct / indirect (4e) ; discours indirect libre (3e).
  • Argumentation : distinguer le discours argumentatif et rédiger de courtes argumentations (5e) → structurée et illustrée (4e) → longue, nuancée, persuader vs convaincre (3e).
  • Interprétation littéraire : situer l'œuvre dans son époque et ses genres (5e), mouvements littéraires (4e), jugement argumenté avec outils d'analyse (3e).
  • Prise de parole en continu de 5 à 10 min ; récitation de 15 à 25 lignes (cycle 4).

Trois niveaux sur une même notion

Différencier ne veut pas dire donner moins à faire. Sur « Repérer une information implicite dans un texte narratif et justifier son interprétation », voici ce que change le niveau — même notion, même séance, trois degrés d'étayage.

SOUTIEN

Le texte fait une demi-page et l'extrait utile est signalé. Deux questions fermées préparent l'inférence, puis une question ouverte demande de recopier la phrase du texte qui permet de répondre.

STANDARD

Le texte fait une page, sans repérage. L'élève identifie lui-même les indices, répond à la question d'interprétation et cite au moins un passage à l'appui de sa réponse.

EXPERT

Le même texte, avec une question qui admet deux lectures défendables. La consigne demande de choisir une interprétation, de la justifier par deux indices distincts, et d'expliquer pourquoi l'autre lecture reste possible.

Générer une évaluation sur ce programme

ÉvalDiff produit une évaluation en trois niveaux à partir de ces compétences, avec son corrigé, en Word ou PDF. Le plafond de difficulté ci-dessus est appliqué automatiquement.

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