Programme de français en 3e
La 3e est une année à double contrainte : elle clôt le cycle 4 et prépare une épreuve nationale. Le programme s'organise autour de quatre questionnements littéraires, plus un cinquième au choix du professeur — et il s'arrête volontairement avant les exercices formels du lycée.
TEXTE EN VIGUEUR
Programme de français de cycle 4 en vigueur, appliqué en 3e à la rentrée 2026.
À venir — De nouveaux programmes de français et de mathématiques pour le cycle 4 ont été publiés au BO n°10 de 2026, avec une entrée en vigueur progressive : 5e à la rentrée 2026, 4e en 2027, 3e en 2028. La 3e est donc la dernière classe concernée ; cette page tient jusqu'à la rentrée 2028.
Ce qui change à ce niveau
L'argumentation passe de l'usage à la maîtrise
Distinguer persuader et convaincre, repérer les procédés, tenir une argumentation longue et nuancée : ce qui était pratiqué en 4e devient un objet d'étude explicite. C'est la compétence la plus transférable de l'année, et celle qui pèse le plus à l'épreuve.
L'oral devient une performance codifiée
Parler dix minutes en continu, animer ou arbitrer un débat, réciter vingt à vingt-cinq lignes. Le programme ne demande plus seulement de s'exprimer, il demande de tenir un format — ce qui suppose de l'entraîner comme tel, pas de l'évaluer une fois en fin d'année.
Un questionnement complémentaire au choix
« Progrès et rêves scientifiques » s'ajoute aux quatre questionnements obligatoires, à la main du professeur. C'est le seul espace de liberté réelle du programme : l'occupier avec une œuvre qui parle à la classe change souvent le rapport au reste de l'année.
Les pièges de mise en œuvre
Ces points ne figurent pas comme tels dans le texte officiel : ce sont les écarts qu'on observe le plus souvent entre ce que le programme borne et ce que l'on trouve dans les exercices en circulation.
Ni commentaire composé, ni dissertation
Ce sont des exercices de lycée. Le programme de 3e demande d'interpréter avec des outils d'analyse pour formuler un jugement — pas de produire un devoir formaté. Entraîner au commentaire composé en 3e, c'est faire travailler des élèves sur une forme dont on ne leur a pas donné les moyens.
L'analyse littéraire n'est pas systématisée
Les outils d'analyse sont mobilisés au service de l'interprétation, pas enseignés comme un métalangage à maîtriser pour lui-même. La différence se voit dans les consignes : « que produit cette image ? » relève de la 3e, « relevez les procédés » glisse vers le lycée.
Le participe passé, mais dans un cas précis
L'accord du participe passé avec avoir quand le COD est un pronom relatif — pas toute la règle, ce cas-là. C'est un point d'orthographe repérable dans le programme, et il est régulièrement traité soit trop largement, soit pas du tout.
« Agir dans la cité » croise l'histoire, et c'est voulu
Le questionnement s'appuie sur une œuvre du XXe siècle et fait explicitement lien avec les guerres totales et les totalitarismes étudiés en histoire. Le traiter sans ce croisement prive les élèves du contexte qui rend les textes lisibles.
Les compétences du programme
Reprises du programme officiel pour français en 3ème. C'est cette liste que le générateur utilise comme socle.
- Comprendre et interpréter des messages et discours oraux complexes : hiérarchiser l'information, comprendre et expliquer tout l'implicite.
- S'exprimer de façon maîtrisée devant un auditoire : parler 10 min en continu, oral codifié et socialisé, avis personnel avec vocabulaire précis.
- Participer de façon constructive à des échanges oraux : animer/arbitrer un débat, opinion argumentée intégrant les arguments d'autrui.
- Exploiter les ressources expressives et créatives de la parole : réciter 20–25 lignes, créer un document multimédia.
- Contrôler sa compréhension, devenir un lecteur autonome : expliciter ses stratégies sur des textes complexes ; choisir des livres selon ses projets de lecteur.
- Lire des textes non littéraires, des images et des documents composites : autonomie sur supports variés (papier/numérique), hors-champ et implicite de l'image (question texte-image du DNB).
- Lire des œuvres littéraires et fréquenter des œuvres d'art : ponts passé/présent/futur, perspective culturelle riche.
- Élaborer une interprétation de textes littéraires : formes argumentatives, contextualiser, interpréter avec des outils d'analyse pour formuler un jugement.
- Exploiter les principales fonctions de l'écrit (écrits personnels, réflexifs).
- Adopter des stratégies et procédures d'écriture efficaces : révision systématique, mobiliser langue et lectures pour une écriture maîtrisée.
- Exploiter des lectures pour enrichir son écrit : transférer aussi les caractéristiques d'un genre.
- Passer à un usage maîtrisé de l'argumentation : distinguer persuader / convaincre, repérer les procédés, argumentation longue et nuancée.
- Connaître les différences entre l'oral et l'écrit : discours indirect libre, lexique de niveau soutenu.
- Analyser le fonctionnement de la phrase : attribut du COD ; tous les CC ; tous les pronoms ; subordonnées infinitives et participiales ; fonction grammaticale des subordonnées.
- Consolider l'orthographe : accords exigeant de plus en plus d'éléments ; participe passé avec avoir quand le COD est un pronom relatif.
- Enrichir et structurer le lexique (progression du cycle 4).
- Se chercher, se construire → « Se raconter, se représenter » (autobiographie / roman autobiographique ; autoportrait, y compris dans d'autres arts).
- Vivre en société, participer à la société → « Dénoncer les travers de la société » (œuvres satiriques : poésie satirique, fable, conte philosophique, pamphlet ; dessins de presse, caricatures, BD).
- Regarder le monde, inventer des mondes → « Visions poétiques du monde » (poésie / prose poétique du romantisme à nos jours).
- Agir sur le monde → « Agir dans la cité : individu et pouvoir » (œuvre du XXe s. — lien histoire « guerres totales », totalitarismes ; engagement, résistance).
- Questionnement complémentaire (au choix du professeur) : « Progrès et rêves scientifiques ».
Ce qui n'est pas au programme
Le programme borne aussi par le haut. Les notions ci-dessous relèvent d'un niveau ultérieur : les traiter en 3èmen'avance pas les élèves, ça les met en difficulté sur des acquis qu'ils n'ont pas encore.
- Analyse littéraire formalisée (outils d'analyse systématisés) — lycée (2nde et au-delà).
- Commentaire composé — lycée.
- Dissertation — lycée.
Trois niveaux sur une même notion
Différencier ne veut pas dire donner moins à faire. Sur « Écrire un texte qui dénonce un travers de la société », voici ce que change le niveau — même notion, même séance, trois degrés d'étayage.
Le travers est donné, une structure en trois paragraphes est fournie, avec des amorces de phrases et un lexique de l'ironie.
L'élève choisit sa cible dans une liste, la structure est rappelée sans être imposée, un procédé au moins doit être identifiable.
Sujet libre, contrainte de genre imposée (fable, conte philosophique ou poème satirique) et exigence de nuance : la dénonciation doit anticiper une objection.
Générer une évaluation sur ce programme
ÉvalDiff produit une évaluation en trois niveaux à partir de ces compétences, avec son corrigé, en Word ou PDF. Le plafond de difficulté ci-dessus est appliqué automatiquement.
OUVRIR LE GÉNÉRATEUR