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Programme de français en 5e

La cinquième est la classe qui essuie les plâtres du nouveau programme de cycle 4 : il s'y applique à la rentrée 2026, un an avant la quatrième et deux ans avant la troisième. Ce n'est pas un toilettage. L'architecture même du programme change, et un professeur qui garde sa progression de l'an dernier enseignera une organisation qui n'existe plus.

TEXTE EN VIGUEUR

Programme de cycle 4 publié au Bulletin officiel n°10 du 5 mars 2026 (arrêté du 18 février 2026, NOR MENE2602912A), appliqué en classe de cinquième à la rentrée 2026.

Lire le texte officiel sur education.gouv.fr

À venir — Le déploiement se fait par tête de cycle : la cinquième en 2026, la quatrième en 2027, la troisième en 2028. Un professeur qui a plusieurs niveaux enseignera donc deux programmes différents pendant deux ans — celui de 2026 en cinquième, celui de 2015 en quatrième et en troisième.

Ce qui change à ce niveau

Une perspective annuelle remplace les entrées communes au cycle

C'est le changement de structure, et il est facile à manquer. Le programme de 2015 posait quatre entrées identiques en 5e, 4e et 3e, que chaque professeur déclinait à son niveau. Le programme de 2026 donne à chaque année sa perspective propre : en cinquième, « Éprouver, expérimenter : la découverte de soi, d'autrui et du monde ». Les entrées ne se répètent plus d'un niveau à l'autre, elles se succèdent.

Chaque entrée est adossée à un genre prescrit

Les quatre entrées de cinquième ne sont pas des thèmes libres : chacune impose son genre. Destins romanesques et apologues relèvent du récit, « Voyager en poésie » de la poésie, « Expérimenter et jouer au théâtre » du théâtre. Choisir un roman pour traiter l'entrée théâtrale n'est pas une adaptation pédagogique, c'est sortir du programme — et cette contrainte de genre est nouvelle.

Le volume de lecture est chiffré et il augmente

Quatre œuvres intégrales de genres différents et d'époques variées, au moins trois œuvres en lecture cursive, au moins deux groupements de textes. Sept livres et deux groupements dans l'année, ce n'est plus une recommandation mais un attendu, et la contrainte pèse sur la programmation entière : une œuvre intégrale mobilise plusieurs semaines qu'il faut trouver quelque part.

L'écrit d'appropriation devient un attendu explicite

Rédiger un texte personnel pour rendre compte de sa réception d'une œuvre figure désormais parmi les compétences de lecture, aux côtés de l'analyse. Le programme demande aussi de formuler un jugement fondé sur des émotions, des critères esthétiques et des valeurs, et de le justifier. La lecture n'est plus seulement comprise et interprétée : elle est éprouvée, et cette expérience s'écrit.

Les pièges de mise en œuvre

Ces points ne figurent pas comme tels dans le texte officiel : ce sont les écarts qu'on observe le plus souvent entre ce que le programme borne et ce que l'on trouve dans les exercices en circulation.

Reconduire sa progression de l'an dernier

C'est le piège le plus coûteux de cette rentrée, parce qu'il ne se voit pas : une séquence sur le voyage ou sur le héros reste plausible dans les deux programmes. Mais les entrées de 2015 se répétaient sur trois ans quand celles de 2026 sont propres à la cinquième. Une progression reconduite traite des objets justes dans une architecture périmée, et laisse des entrées entières non couvertes.

Traiter la perspective annuelle comme un thème de séquence

« Éprouver, expérimenter » n'est pas un sujet à traiter en six semaines, c'est le fil qui relie les quatre entrées sur l'année. En faire une séquence produit un objet flou et laisse les entrées orphelines de ce qui devait les tenir ensemble. La perspective se rappelle à chaque entrée, dans la façon de poser les problématiques — elle ne s'enseigne pas pour elle-même.

Confondre œuvre intégrale et lecture cursive

Le programme demande les deux et leur donne des fonctions distinctes : l'œuvre intégrale s'étudie en classe avec un appareil d'analyse, la lecture cursive se lit en autonomie pour construire un volume. Transformer les trois cursives en études détaillées fait exploser la programmation ; l'inverse prive les élèves du travail d'analyse. Sept livres tiennent dans l'année à condition de ne pas les traiter tous pareil.

Oublier qu'on enseigne deux programmes en même temps

Un professeur qui a une cinquième et une quatrième travaille cette année sur deux textes officiels différents, et le sera encore l'an prochain. Les progressions, les évaluations et les repères de langue ne sont pas transposables d'un niveau à l'autre pendant cette période. Vérifier quel texte s'applique à quelle classe avant de réutiliser un support est devenu un réflexe nécessaire.

Les compétences du programme

Reprises du programme officiel pour français en 5ème. C'est cette liste que le générateur utilise comme socle.

  • Perspective annuelle de la classe de cinquième : « Éprouver, expérimenter : la découverte de soi, d'autrui et du monde ».
  • Entrée « Devenir héroïne/héros : destins romanesques » (récit, fiction) : figures héroïques de l'Antiquité à nos jours, diversité de leurs représentations, stéréotypes, passage de l'épopée au roman moderne, transmission des valeurs héroïques.
  • Entrée « Voyager en poésie : du monde entier au cœur du monde » (poésie) : horizons réels ou imaginaires, force des mots, sonorités, rythmes et images ; traditions poétiques variées, y compris francophones ; écriture créative et lecture expressive.
  • Entrée « Expérimenter et jouer au théâtre : la société sens dessus dessous » (théâtre) : relations entre dominants et dominés, renversement de l'ordre établi, dynamique du comique, spécificités de l'écriture et de la représentation théâtrales.
  • Entrée « Imaginer, sentir, raisonner : des histoires pour plaire et instruire » (récit, fiction) : conte et fable, personnages incarnant des facettes de l'être humain, réflexion morale, écriture et réécriture d'apologues.
  • Comprendre, interpréter, apprécier : rédiger un texte personnel pour rendre compte de sa réception ; lecture silencieuse et stratégies de compréhension ; contrôler sa compréhension ; formuler un jugement fondé sur des émotions, des critères esthétiques, des idées et des valeurs ; justifier son point de vue de lecteur ; recourir à quelques outils d'analyse.
  • Lire à voix haute, seul ou à plusieurs : lire un texte d'une vingtaine de lignes avec aisance devant un auditoire ; lire de manière expressive (voix, rythme, regard, gestuelle) ; réciter un court texte en vers ou en prose ; repérer ce qui est à améliorer.
  • Appréhender une œuvre dans des contextes artistiques variés : rendre compte de sa lecture personnelle ; interpréter le parcours d'un ou plusieurs personnages ; comparer les langages d'une œuvre littéraire et d'une œuvre artistique ; exploiter le contexte de production.
  • Acquérir et mobiliser des connaissances littéraires et culturelles : s'approprier les mots de l'univers de l'œuvre ; mémoriser un passage d'une dizaine de lignes ou vers d'une œuvre intégrale ; se constituer des repères d'histoire littéraire ; mettre en relation les textes nouveaux avec ceux déjà lus.
  • Volume annuel : au moins trois œuvres en lecture cursive et quatre œuvres intégrales de genres différents et d'époques variées ; au moins deux groupements de textes.
  • Écrire pour réfléchir, apprendre et mémoriser : varier les supports ; repérer l'idée principale d'un message ; produire des écrits de travail (listes, synthèses, brouillons d'oral).
  • Écrire des textes d'invention et de réflexion : planifier un écrit en étant accompagné ; s'initier à une pratique artistique et créative de l'écriture ; écrire des textes narratifs et descriptifs ; écrire un texte à visée argumentative à partir de consignes simples et explicitées.
  • Évaluer son écrit et le faire évoluer : utiliser le brouillon pour retravailler son texte ; réviser en suivant des consignes ; faire évoluer un écrit selon de nouvelles consignes.
  • Prendre la parole, communiquer, interagir : pratiquer un oral adapté à la situation ; s'exprimer seul de façon fluide ; entrer dans un dialogue ; intervenir dans un débat en respectant les règles de l'échange argumentatif.
  • Écouter, comprendre, interpréter : mémoriser les principaux éléments d'une production orale ; en comprendre les visées.
  • Dire, lire, jouer un texte : lire et réciter avec fluidité ; utiliser les ressources de la voix et du corps ; s'exercer à la pratique théâtrale.
  • Enrichir son vocabulaire : déduire, vérifier ou rechercher le sens d'un mot ; organiser les savoirs lexicaux ; maîtriser l'usage du dictionnaire papier et numérique.
  • Relations entre les mots : relations de sens et de forme ; s'appuyer sur préfixe, radical et suffixe pour déduire le sens ; sens des préfixes et suffixes fréquents ; dimension étymologique (éléments latins, grecs, emprunts).
  • Réemployer son lexique et jouer avec les mots : variations de sens ; registres de langue ajustés au contexte, à l'écrit comme à l'oral ; néologisme de forme et de sens ; jouer avec les mots comme matériau sonore.
  • Écrire avec justesse : mémoriser l'orthographe du vocabulaire rencontré ; s'appuyer sur l'étymologie et sur les régularités orthographiques.
  • Fonctionnement de la phrase : rôle des signes de ponctuation ; trois types de phrases et leurs effets ; formes exclamative et négative ; distinguer phrase simple, complexe et non verbale ; relations de juxtaposition et de coordination entre propositions ; cohérence et enchaînement des phrases.
  • Constituants de la phrase : groupe sujet, groupe verbal, groupe circonstanciel ; sujet, COD, COI, attribut du sujet, compléments circonstanciels de lieu, cause, temps et manière, par manipulations syntaxiques verbalisées ; groupe nominal minimal et étendu ; prépositions, adverbes, mots subordonnants ; distinguer déterminants et pronoms ; pronoms personnels, démonstratifs et indéfinis (sans exhaustivité) ; mots coordonnants.
  • Grammaire de l'écrit et grammaire de l'oral : registres, syntaxe, contexte d'énonciation ; ajuster ses choix au contexte.
  • Paroles rapportées : identifier le discours direct et le discours indirect ; insérer des paroles au discours direct dans un texte.
  • Formes conjuguées : radical et terminaison ; morphologie des temps simples (présent, futur simple, imparfait, passé simple, conditionnel, présent de l'impératif) et composés (passé composé, plus-que-parfait) ; passé antérieur et futur antérieur par imitation ; valeurs temporelles et aspectuelles ; modes indicatif et impératif.
  • Accords : chaînes d'accord du groupe nominal et de l'attribut du sujet, avec raisonnement explicité ; cas complexes de l'accord sujet-verbe (sujet séparé du verbe, sujet à plusieurs noms) ; participe passé avec être ET avec avoir, y compris COD ANTÉPOSÉ dont le pronom personnel COD, à distinguer du COI ; verbes attributifs et caractéristiques de l'attribut du sujet.

Ce qui n'est pas au programme

Le programme borne aussi par le haut. Les notions ci-dessous relèvent d'un niveau ultérieur : les traiter en 5èmen'avance pas les élèves, ça les met en difficulté sur des acquis qu'ils n'ont pas encore.

  • Analyse de la subordination : proposition principale et subordonnée, enchaînement et imbrication des subordonnées, fonctions grammaticales des relatives et des conjonctives, interrogative indirecte (4e).
  • Subordonnées infinitives et participiales ; attribut du COD ; exhaustivité des pronoms et des compléments circonstanciels (3e).
  • Écrire des textes mêlant narration, description et paroles rapportées indirectement (4e) ; discours indirect libre (3e).
  • Texte argumentatif développé avec au moins un argument et son exemple (4e) ; argumentation longue et nuancée, persuader vs convaincre (3e).
  • Récitation d'une quinzaine de lignes ou vers et lecture expressive pour autrui (4e) ; une vingtaine de lignes (3e).
  • Interprétation : caractéristiques du style d'un auteur, mouvements et courants littéraires, mise en relation des œuvres par contexte de création (4e/3e).
  • Perspectives annuelles des autres niveaux : « Rêver, délibérer, développer son jugement » (4e) et « S'affirmer, s'émanciper : l'engagement humaniste » (3e).
  • Prise de parole sans préparation et débat raisonné (4e) ; écrits réflexifs autonomes (4e/3e).

Trois niveaux sur une même notion

Différencier ne veut pas dire donner moins à faire. Sur « Analyser le renversement de l'ordre établi dans une scène de théâtre comique », voici ce que change le niveau — même notion, même séance, trois degrés d'étayage.

SOUTIEN

Un extrait d'une trentaine de lignes, avec les répliques du valet et du maître déjà surlignées de deux couleurs. Trois questions guidées font relever qui donne les ordres au début, qui les donne à la fin, et une quatrième demande de nommer ce qui a changé.

STANDARD

Le même extrait sans repérage. L'élève identifie seul les marques du rapport de force — tutoiement, impératifs, interruptions — et rédige un paragraphe expliquant comment le comique naît de ce renversement, en citant deux répliques.

EXPERT

L'extrait complet, accompagné d'une courte scène d'une autre pièce où le renversement échoue. La consigne demande de comparer les deux dénouements et d'expliquer ce que chacun dit du regard porté par la pièce sur la société qu'elle met en scène.

Générer une évaluation sur ce programme

ÉvalDiff produit une évaluation en trois niveaux à partir de ces compétences, avec son corrigé, en Word ou PDF. Le plafond de difficulté ci-dessus est appliqué automatiquement.

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