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Programme de mathématiques en 5e

Le nouveau programme de cycle 4 s'applique en cinquième à la rentrée 2026. Sa particularité, en mathématiques, est de faire descendre d'un niveau plusieurs notions qui étaient de quatrième — et de le faire sans prévenir : rien dans l'intitulé des thèmes ne signale que le contenu de l'année a changé de périmètre.

TEXTE EN VIGUEUR

Programme de cycle 4 publié au Bulletin officiel n°10 du 5 mars 2026 (arrêté du 18 février 2026, NOR MENE2602912A), appliqué en classe de cinquième à la rentrée 2026.

Lire le texte officiel sur education.gouv.fr

À venir — Déploiement par tête de cycle : cinquième en 2026, quatrième en 2027, troisième en 2028. Les classes de quatrième et de troisième relèvent donc encore du programme de 2015 cette année, et il serait faux de leur appliquer les repères de cinquième.

Ce qui change à ce niveau

Les puissances, la distributivité et les équations descendent en cinquième

Carrés et cubes, factorisation et développement par k(a + b) = ka + kb, mise en équation du type ax = c ou x + b = c : trois blocs qui relevaient de la quatrième sont désormais au programme de cinquième. C'est le changement le plus lourd de conséquences, parce qu'il déplace le point d'entrée dans le calcul littéral d'une année entière.

Les équations se résolvent par des méthodes arithmétiques, pas algébriques

La nuance décide de tout ce qu'on peut demander en évaluation. Le programme introduit la lettre comme inconnue et la modélisation par une équation, mais la résolution attendue passe par les opérations inverses — pas par la manipulation algébrique des deux membres, qui reste de quatrième. Enseigner « je fais la même chose des deux côtés » anticipe le programme au lieu de l'appliquer.

Le domaine « Grandeurs et mesures » disparaît

Le programme de 2015 comportait un thème dédié aux grandeurs. Celui de 2026 ne l'a plus : aires, volumes, conversions et unités sont répartis dans les autres domaines, principalement en géométrie. Chercher le thème dans le nouveau texte pour construire sa progression revient donc à chercher quelque chose qui n'existe plus — et à risquer de laisser tomber ce qu'il portait.

La démonstration entre par la géométrie du triangle

La somme des angles d'un triangle n'est plus seulement à connaître, elle est à démontrer, tout comme le partage d'un triangle en deux aires égales par une médiane. Le programme installe ainsi la démonstration comme activité ordinaire dès la cinquième, sur des objets familiers, plutôt que comme un exercice de fin de cycle.

Les pièges de mise en œuvre

Ces points ne figurent pas comme tels dans le texte officiel : ce sont les écarts qu'on observe le plus souvent entre ce que le programme borne et ce que l'on trouve dans les exercices en circulation.

Réutiliser un plafond de difficulté périmé

C'est le piège spécifique de cette rentrée. Une banque d'exercices, un manuel ou une progression de l'an dernier considèrent encore les puissances, la distributivité et les équations comme hors de portée d'un cinquième. Le risque n'est pas de trop en demander mais de ne pas assez en demander, et de découvrir en quatrième que l'année précédente n'a pas installé ce qu'elle devait.

Traiter les nombres relatifs comme un chapitre de calcul

En cinquième, le programme s'arrête à l'addition et à la soustraction : produit et quotient de relatifs sont de quatrième. Enchaîner sur la multiplication parce que « c'est logique » installe des règles de signes sans le travail sur l'abscisse, l'opposé et la valeur absolue qui devait les précéder. Les élèves retiennent des recettes et perdent le sens que le chapitre avait justement pour objet de construire.

Confondre l'usage des parenthèses avec une règle de forme

Le programme demande explicitement de savoir quand les parenthèses sont indispensables et de simplifier l'écriture des sommes de relatifs. Ce n'est pas une convention de présentation mais un attendu de compréhension : un élève qui écrit toutes les parenthèses par sécurité, ou qui les supprime toutes par habitude, n'a pas construit la notion. Cela s'évalue pour soi.

Introduire la variable informatique en écriture

En cinquième, la variable n'est vue qu'en lecture d'une donnée saisie ; la manipuler en écriture est de quatrième. Un projet de programmation qui fait incrémenter un compteur sort du programme et occupe un temps qui manquera au reste — alors que ce que le texte demande, prévoir la valeur d'une expression avant exécution, se travaille très bien sans variable modifiable.

Les compétences du programme

Reprises du programme officiel pour mathématiques en 5ème. C'est cette liste que le générateur utilise comme socle.

  • Opérations : diviser par un nombre décimal ; enchaîner des opérations et connaître les priorités opératoires ; traduire un problème ou un programme de calcul en une seule expression, avec ou sans parenthèses ; nommer un calcul (somme / produit, termes / facteurs) ; distributivité simple sur des exemples numériques ; multiples et diviseurs ; critères de divisibilité par 3 et par 9.
  • Nombres relatifs : définition ; opposé et valeur absolue ; nombre positif, strictement positif, négatif, strictement négatif ; abscisse sur une droite graduée ; comparer et ranger des décimaux relatifs ; additionner et soustraire des décimaux relatifs, enchaîner additions et soustractions ; savoir quand les parenthèses sont indispensables et simplifier l'écriture des sommes.
  • Nombres rationnels : comparer des fractions ; additionner et soustraire des fractions de dénominateurs QUELCONQUES ; résoudre des problèmes mobilisant ces additions et soustractions.
  • Puissances : notion et notation dans le cas du carré et du cube ; carrés des entiers de 0 à 12 ; cube de 10 ; écrire un nombre sous forme d'une puissance 2 ou 3 ; calculer une expression contenant des puissances simples, y compris littérale.
  • Calcul littéral et algébrique : produire des formules (double, carré, aire, périmètre…) ; calculer par substitution ; tester si une égalité est vraie ou fausse ; distinguer somme et produit ; exploiter k(a + b) = ka + kb pour développer OU factoriser ; réduire une expression de la forme ax + b ; démontrer une propriété générale par le calcul littéral ; réfuter par un contre-exemple ; donner à la lettre le statut d'inconnue ; modéliser par une équation du type ax = c ou x + b = c et la résoudre par des méthodes ARITHMÉTIQUES (opérations inverses).
  • Repérage et représentation de l'espace : abscisse sur une droite graduée ; coordonnées dans un repère orthogonal ; perspective cavalière et patrons (pavé droit, cube, prisme droit, cylindre de révolution) ; volumes du cube, du pavé droit, du prisme droit et du cylindre ; aire du disque ; unités de volume et de capacité.
  • Transformations et angles : demi-tour (symétrie centrale), définition et propriétés ; caractérisation du parallélisme par les angles alternes internes et correspondants.
  • Triangles : somme des angles et SA DÉMONSTRATION ; construction à partir de données partielles ; médiatrices et cercle circonscrit ; aire ; hauteurs (concourantes) et médianes, dont la démonstration du partage en deux triangles d'aires égales.
  • Parallélogrammes : définition et construction ; propriétés caractéristiques des côtés opposés et des diagonales ; parallélogrammes particuliers (rectangle, losange, carré) ; aire, y compris de figures complexes ; conversions d'unités de longueur et d'aire.
  • Statistiques et probabilités : effectifs et fréquences (décimale, fractionnaire, pourcentage) ; tableaux, diagrammes en barres, diagrammes circulaires, graphiques cartésiens, tableur-grapheur ; moyenne simple ; vocabulaire des probabilités (expérience aléatoire, issue, évènement) ; équiprobabilité ; répétition matérielle d'une expérience et relevé des effectifs et fréquences.
  • Proportionnalité et fonctions : proportions et pourcentages ; coefficient de proportionnalité (prix unitaire, vitesse moyenne, échelle) ; représentation par un tableau ou un graphique, y compris reconnaître graphiquement un nuage de points proportionnel ; expression « en fonction de » ; tableau de valeurs, placement de points dans un repère, formule simple de dépendance entre deux grandeurs.
  • Pensée informatique : séquencer des instructions simples ; identifier entrées et sorties ; traduire une formule en expression informatique dans un langage par blocs ; prévoir la valeur d'une expression AVANT exécution ; analyser un programme simple et en modifier les paramètres ; boucle inconditionnelle simple. La variable n'est vue qu'en LECTURE d'une donnée saisie.

Ce qui n'est pas au programme

Le programme borne aussi par le haut. Les notions ci-dessous relèvent d'un niveau ultérieur : les traiter en 5èmen'avance pas les élèves, ça les met en difficulté sur des acquis qu'ils n'ont pas encore.

  • Produit et quotient de nombres relatifs (4e).
  • Multiplication et division de fractions, notion d'inverse, rationnel comme quotient d'entiers relatifs (4e).
  • Racine carrée ; puissances de 10, exposants négatifs, notation scientifique et ordres de grandeur (4e).
  • Calcul littéral : double distributivité, identités, résolution ALGÉBRIQUE d'une équation du premier degré (4e) — en cinquième on ne résout que ax = c et x + b = c, par opérations inverses.
  • Théorèmes de Pythagore et de Thalès, trigonométrie (4e/3e).
  • Médiane, étendue, histogrammes, probabilités composées (4e/3e).
  • Translations, rotations, homothéties (4e/3e).
  • Grandeurs quotients, ratios, quatrième proportionnelle, coefficient multiplicateur d'évolution (4e).
  • Fonctions linéaires et affines, vocabulaire image / antécédent (3e).
  • Programmation : variable manipulée en écriture, instructions conditionnelles, boucles conditionnelles (4e/3e).

Trois niveaux sur une même notion

Différencier ne veut pas dire donner moins à faire. Sur « Utiliser la distributivité k(a + b) = ka + kb pour développer ou factoriser une expression », voici ce que change le niveau — même notion, même séance, trois degrés d'étayage.

SOUTIEN

L'expression est donnée avec un schéma d'aire de rectangle qui la représente. Deux exemples entièrement résolus précèdent l'exercice, et la consigne indique s'il faut développer ou factoriser. Les nombres restent entiers et positifs.

STANDARD

Une série d'expressions sans schéma, où l'élève détermine lui-même s'il doit développer ou factoriser. Un item demande de justifier par un calcul que deux écritures données sont égales.

EXPERT

Un programme de calcul rédigé en français, à traduire en expression littérale puis à simplifier pour démontrer qu'il rend toujours le même résultat quel que soit le nombre de départ. Un second programme, faux, est à réfuter par un contre-exemple.

Générer une évaluation sur ce programme

ÉvalDiff produit une évaluation en trois niveaux à partir de ces compétences, avec son corrigé, en Word ou PDF. Le plafond de difficulté ci-dessus est appliqué automatiquement.

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