Programme de français en 4e
La quatrième est la classe charnière de la réforme du cycle 4. En 2026-2027 elle reste sur le programme de 2015, pendant que la cinquième applique déjà le nouveau texte, et c'est elle qui basculera à la rentrée 2027. Cette année encore, quatre entrées communes au cycle et un questionnement au choix organisent l'année ; ce que la quatrième doit installer, c'est une argumentation qui se structure et une grammaire qui passe à la phrase complexe.
TEXTE EN VIGUEUR
Programme de cycle 4 publié au Bulletin officiel n°31 du 30 juillet 2020 (arrêté du 17 juillet 2020), toujours applicable en classe de quatrième à la rentrée 2026.
Lire le texte officiel sur education.gouv.fr
À venir — Le nouveau programme de cycle 4 (BO n°10 du 5 mars 2026) arrive en quatrième à la rentrée 2027. Il remplace les entrées communes par une perspective propre à l'année — « Rêver, délibérer, développer son jugement : en quête de valeurs et de vérité » — déclinée en quatre entrées adossées chacune à un genre : la fiction aux limites de notre monde, habiter la terre en poète, les conflits de valeurs sur scène, les Lumières en héritage.
Ce qui change à ce niveau
Des questionnements propres à l'année, sous des entrées communes
Les quatre entrées du programme de 2015 sont les mêmes de la cinquième à la troisième ; ce sont les questionnements qui changent. En quatrième : « Dire l'amour », avec des poèmes de l'Antiquité à nos jours ; « Individu et société : confrontations de valeurs ? » ; « La fiction pour interroger le réel » ; « Informer, s'informer, déformer ? », autour de la presse et des médias. « La ville, lieu de tous les possibles ? » s'y ajoute au choix du professeur.
L'argumentation commence à se structurer
Le programme demande de passer à un usage plus maîtrisé de l'argumentation : structurer un propos et l'illustrer d'exemples précis, débattre en argumentant avec conviction. Distinguer persuader et convaincre, repérer les procédés et tenir une argumentation longue et nuancée restent l'affaire de la troisième. La quatrième construit l'outil ; l'analyse de l'outil viendra ensuite.
La grammaire passe à la phrase complexe
Distinguer la subordonnée conjonctive de la relative, reconnaître l'interrogative indirecte, identifier l'apposition, le sujet éloigné du verbe, le complément circonstanciel de conséquence, la forme impersonnelle : l'étude de la langue quitte la phrase simple. Côté orthographe, les accords dans le groupe nominal complexe et le participe passé employé avec avoir quand le COD le précède sont les deux chantiers de l'année.
L'oral se mesure en minutes et en lignes
Parler cinq minutes en continu devant un auditoire, réciter quinze à vingt lignes, rapporter des paroles au discours direct puis indirect. Ces repères chiffrés sont ceux de la quatrième ; la troisième les porte à dix minutes et à vingt ou vingt-cinq lignes. Un oral évalué une fois dans l'année ne permet pas de les atteindre : ils supposent un entraînement régulier, avec des formats courts et répétés.
Les pièges de mise en œuvre
Ces points ne figurent pas comme tels dans le texte officiel : ce sont les écarts qu'on observe le plus souvent entre ce que le programme borne et ce que l'on trouve dans les exercices en circulation.
Appliquer dès cette année les entrées de 2027
Les entrées de la quatrième de 2027 sont publiées au BO n°10 de 2026, dans la même annexe que celles de la cinquième, et rien sur la page n'indique qu'elles n'entrent en vigueur qu'un an plus tard. Les adopter dès 2026-2027 revient à enseigner un programme qui ne s'applique pas encore, à des élèves qui feront leur troisième sous le texte de 2015 — celui qui fixe les attendus de fin de cycle.
La frontière du participe passé passe par le pronom relatif
L'accord du participe passé employé avec avoir se travaille en quatrième quand le COD est placé avant le verbe : un pronom personnel (« je les ai vues »), une interrogative (« quelles fleurs as-tu cueillies ? »). Le cas du pronom relatif (« les lettres qu'il a écrites ») est explicitement renvoyé à la troisième. Mélanger les deux dans une même évaluation mesure surtout ce qui n'a pas encore été enseigné.
Oublier la moitié fantastique de « La fiction pour interroger le réel »
Le questionnement associe des romans ou nouvelles réalistes et naturalistes, en lien avec l'histoire du XIXe siècle, et une nouvelle fantastique. Les deux ne se contredisent pas : le réalisme interroge le réel en le décrivant, le fantastique en le troublant. Traiter le seul corpus réaliste réduit la séquence à une étude de mouvement littéraire et lui retire la question qui la justifie.
Remplacer la lecture intégrale par des extraits
« Individu et société : confrontations de valeurs ? » prévoit la lecture intégrale d'une tragédie ou d'une tragicomédie du XVIIe siècle, ou d'une comédie du XVIIIe siècle. Un parcours d'extraits, même bien choisis, ne permet pas de suivre un conflit de valeurs jusqu'à son dénouement — c'est pourtant là que la pièce tranche, ou refuse de trancher, et que la question du questionnement prend son sens.
Les compétences du programme
Reprises du programme officiel pour français en 4ème. C'est cette liste que le générateur utilise comme socle.
- Comprendre et interpréter des messages et discours oraux complexes : distinguer explicite/implicite, repérer l'organisation.
- S'exprimer de façon maîtrisée devant un auditoire : divers comptes rendus/exposés, parler 5 min en continu, exprimer un avis.
- Participer de façon constructive à des échanges oraux : débattre, argumenter avec conviction.
- Exploiter les ressources expressives et créatives de la parole : réciter 15–20 lignes, technologies numériques.
- Contrôler sa compréhension, devenir un lecteur autonome : combler les ellipses, inférences.
- Lire des textes non littéraires, des images et des documents composites : cohérence textuelle, mise en relation de documents.
- Lire des œuvres littéraires et fréquenter des œuvres d'art : liens intertextuels, contextes culturels.
- Élaborer une interprétation de textes littéraires : mouvements littéraires, effets esthétiques du choix d'écriture.
- Exploiter les principales fonctions de l'écrit (écrits personnels, réflexifs).
- Adopter des stratégies et procédures d'écriture efficaces : planifier, réviser avec des outils.
- Exploiter des lectures pour enrichir son écrit : transférer lexique et tournures.
- Passer à un usage plus maîtrisé de l'argumentation : structurer et illustrer d'exemples précis.
- Connaître les différences entre l'oral et l'écrit : transposer oral↔écrit, paroles rapportées (direct/indirect).
- Analyser le fonctionnement de la phrase : sujet éloigné ; apposition ; CC de conséquence ; degrés de l'adjectif ; subordonnée conjonctive vs relative ; interrogative indirecte ; forme impersonnelle.
- Consolider l'orthographe : groupe nominal complexe ; participe passé avec avoir (COD antéposé / pronom).
- Enrichir et structurer le lexique (progression du cycle 4).
- Se chercher, se construire → « Dire l'amour » (poèmes d'amour de l'Antiquité à nos jours).
- Vivre en société, participer à la société → « Individu et société : confrontations de valeurs ? » (tragédie/tragicomédie du XVIIe s. ou comédie du XVIIIe s. en lecture intégrale).
- Regarder le monde, inventer des mondes → « La fiction pour interroger le réel » (roman / nouvelles réalistes ou naturalistes — lien histoire XIXe s. ; une nouvelle fantastique).
- Agir sur le monde → « Informer, s'informer, déformer ? » (presse et médias ; propagande et manipulation de l'information).
- Questionnement complémentaire (au choix du professeur) : « La ville, lieu de tous les possibles ? ».
Ce qui n'est pas au programme
Le programme borne aussi par le haut. Les notions ci-dessous relèvent d'un niveau ultérieur : les traiter en 4ème n'avance pas les élèves, ça les met en difficulté sur des acquis qu'ils n'ont pas encore.
- Attribut du COD ; tous les CC ; tous les pronoms ; subordonnées infinitives et participiales ; fonction grammaticale des subordonnées (3e).
- Participe passé avec avoir quand le COD est un pronom relatif (3e).
- Discours indirect libre ; lexique de niveau soutenu (3e).
- Argumentation longue et nuancée ; distinguer persuader / convaincre, repérer les procédés (3e).
- Parler 10 min en continu ; réciter 20–25 lignes ; créer un document multimédia (3e).
- Hiérarchiser l'information et expliciter tout l'implicite ; contextualiser et interpréter avec des outils d'analyse pour formuler un jugement (3e).
Trois niveaux sur une même notion
Différencier ne veut pas dire donner moins à faire. Sur « Accorder le participe passé employé avec avoir quand le COD est placé avant », voici ce que change le niveau — même notion, même séance, trois degrés d'étayage.
Dix phrases courtes. Le COD est déjà souligné et une flèche indique s'il se trouve avant ou après le verbe. L'élève accorde, ou n'accorde pas, en appliquant la règle rappelée en tête d'exercice, puis vérifie en remplaçant le COD par un nom féminin pluriel.
Les mêmes structures sans repérage. L'élève cherche lui-même le COD en posant la question « quoi ? » ou « qui ? » après le verbe, décide de sa place, accorde, et justifie trois de ses choix par une phrase.
Un court texte à corriger où se mêlent COD pronoms placés avant, interrogatives et pièges où le pronom n'est pas COD (« je leur ai parlé », « elle en a cueilli »). L'élève corrige et justifie chaque accord — ou chaque absence d'accord — en nommant la fonction du pronom.
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ÉvalDiff produit une évaluation en trois niveaux à partir de ces compétences — en PDF, prête à imprimer — et son corrigé en Word. Le plafond de difficulté ci-dessus est appliqué automatiquement.
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